La narration du nouvel album de Sophie Ellis-Bextor est, d’une certaine manière, circulaire. Il ne s’agit pas simplement d’un nouveau chapitre, mais d’une réaffirmation d’identité.
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Sa carrière débute discrètement en 1998 avec le groupe britannique The Audience.
Toutefois, le véritable tournant survient en 2000 lorsqu’elle prête sa voix à « Groovejet (If This Ain’t Love) » aux côtés de Spiller. Le titre ne se contente pas d’atteindre la première place des charts britanniques : il devient un manifeste du disco-pop élégant du début des années 2000. À une époque dominée par un teen pop industrialisé, Sophie incarnait autre chose : sophistication, ironie très britannique et une froideur chic qui tranchait avec l’exubérance ambiante.
Puis vient « Murder on the Dancefloor », qui consolide une esthétique qu’elle n’a jamais véritablement abandonnée. Pourtant, malgré la solidité de son catalogue, sa carrière évolue pendant des années dans un registre davantage culte que véritablement grand public.
Le phénomène Saltburn modifie temporairement cette dynamique. La redécouverte virale de « Murder on the Dancefloor » la replace sous les projecteurs et ravive l’intérêt pour l’ensemble de son œuvre. S’ensuivent deux tournées internationales et finalement Perimenopop : un album qui ne cherche pas à la réinventer, mais à la confirmer.
C’est là que la critique devient intéressante.

Perimenopop ne court pas après les tendances ni les formules calibrées pour le streaming. On n’y perçoit aucune anxiété à l’idée de paraître « actuelle ». L’album reste fidèle à sa trajectoire : brillant, dansant, porté par cette esthétique disco sophistiquée qu’elle défend depuis toujours. Mais il évolue aussi en terrain connu.
Pour certains, il s’agira d’une continuité confortable de son univers sonore. Pour d’autres, cette cohérence constitue précisément sa singularité dans une industrie obsédée par la réinvention permanente et l’impact instantané.
Sophie Ellis-Bextor ne cherche pas à dominer le mainstream ; elle occupe son propre espace. Et c’est peut-être là sa plus grande force : une artiste qui n’a pas besoin d’être omniprésente pour rester pertinente. Elle n’est pas massive, mais constante. Elle n’est pas une tendance, elle est une identité.
À une époque où tout est éphémère, cela aussi relève d’un positionnement artistique.


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